RDC – Rwanda : Kigali rapatrie 39 Congolais présentés comme de faux ex-combattants des FDLR, Kinshasa insiste sur le respect des engagements de paix

La Commission rwandaise de démobilisation et de réintégration (RDRC) a annoncé avoir rapatrié vers la République démocratique du Congo 39 ressortissants congolais qui s’étaient, selon elle, faussement identifiés comme d’anciens combattants des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR). L’opération, réalisée le mercredi 29 juillet à Musanze, s’est déroulée en présence des médias et de représentants de la MONUSCO. 

Dans son communiqué, la RDRC précise que cette décision est intervenue à l’issue d’un processus de vérification approfondi ayant permis d’établir que ces 39 personnes ne remplissaient pas les critères d’éligibilité au programme rwandais de démobilisation et de réintégration. L’institution affirme rester attachée à un mécanisme de vérification rigoureux, conforme aux procédures établies et aux cadres régionaux.

La commission rwandaise indique également poursuivre sa collaboration avec les partenaires régionaux et internationaux afin de promouvoir la redevabilité, la coopération régionale et une paix durable. Elle souligne que ce processus s’inscrit dans le respect des mécanismes mis en place pour la gestion des questions liées à la démobilisation et à la réintégration.

Cette annonce intervient dans un contexte où la question des FDLR demeure au cœur du processus de paix entre la République démocratique du Congo et le Rwanda. Les discussions autour de la neutralisation de ce mouvement rebelle continuent d’occuper une place importante dans les engagements pris par les deux pays.

De son côté, le gouvernement congolais considère que le processus de désarmement, de démobilisation et de cantonnement des FDLR constitue une étape majeure susceptible de remettre en cause l’argument sécuritaire régulièrement avancé par Kigali pour justifier ses actions dans l’Est de la RDC.

Lors d’un briefing spécial consacré à l’évolution du processus de paix, organisé le mardi 28 juillet au Studio Maman Angebi de la RTNC, le ministre de l’Intégration régionale, Floribert Anzuluni, a estimé que la question des FDLR avait longtemps été utilisée par le Rwanda pour expliquer son implication dans la région. Selon lui, la RDC a toujours soutenu que cette menace était instrumentalisée afin de masquer d’autres objectifs, notamment ceux liés au contrôle des ressources naturelles congolaises.

Le ministre a rappelé que, dans le cadre de l’accord de paix signé à Washington entre la RDC et le Rwanda, Kinshasa s’est engagé à neutraliser les FDLR, tandis que Kigali devait retirer ses troupes du territoire congolais, dans le cadre de la levée des « mesures défensives ». Il a également évoqué des déclarations antérieures de responsables rwandais reconnaissant, selon lui, que la menace représentée par les FDLR avait déjà été fortement réduite.

Pour Kinshasa, l’engagement actuel des FDLR dans un processus de désarmement, de démobilisation et de cantonnement constitue un nouvel élément qui renforce la nécessité pour toutes les parties de respecter les engagements pris dans le cadre du processus de paix. Le gouvernement congolais affirme vouloir poursuivre la mise en œuvre complète de l’accord de Washington et estime que la neutralisation progressive des FDLR doit permettre de recentrer les efforts sur le respect de l’intégrité territoriale de la RDC.

 


Opinion Info / Provinces26rdc.com

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