L’entrepreneur congolais Obed Mutuale appelle le gouvernement de la République démocratique du Congo à renforcer la présence des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) dans la province du Bas-Uélé, qu’il estime insuffisamment sécurisée face aux menaces actuelles.
Interrogé ce dimanche 8 mars 2026 à Kinshasa, au terme d’un séjour effectué dans la province du 18 au 25 janvier, il a également dénoncé les conditions difficiles dans lesquelles travaillent les services de sécurité dans cette partie du pays.
« J’alerte le gouvernement central sur le manque d’effectifs de l’armée et les conditions chaotiques que vivent les services de sécurité dans le Bas-Uélé. Si des mesures urgentes ne sont pas prises, notamment pour équiper l’aéroport de Buta de dispositifs de défense et renforcer la surveillance des frontières avec la Centrafrique, comme c’est le cas dans la Tshopo, le Bas-Uélé risque de devenir la prochaine perte de la République. Et ce serait toute la Grande Orientale qui serait menacée », a-t-il averti.
Au-delà de la question sécuritaire, l’entrepreneur a également attiré l’attention de l’exécutif national sur la problématique de l’exploitation minière illégale dans la province.
Selon lui, l’exploitation clandestine des ressources naturelles et l’utilisation de mineurs dans certains sites miniers se multiplient. Il appelle ainsi le gouvernement à prendre des mesures urgentes pour mettre fin à ces pratiques.
« Le Bas-Uélé reste totalement oublié par le pouvoir central alors qu’il constitue la deuxième plus grande province du pays en termes de superficie. Il est urgent de renforcer la sécurité et de mettre un terme à l’exploitation illégale des ressources », a-t-il insisté.
Pour rappel, dans le cadre de la mobilisation nationale face à l’agression rwandaise, plusieurs jeunes du Bas-Uélé ont récemment rejoint les rangs de l’armée. En avril 2025, 256 nouvelles recrues issues des différents territoires et de la ville de Buta avaient été envoyées à Kinshasa pour suivre une formation militaire, après une première vague de 600 jeunes dépêchés en mars de la même année.
Ces initiatives répondaient à l’appel lancé par le président de la République, Félix Tshisekedi, en faveur d’une adhésion massive des jeunes au sein des FARDC pour défendre l’intégrité territoriale du pays.
Haut-Uele : le manque d’effectifs policiers favorise la justice populaire à Watsa, alerte la société civile

La société civile du territoire de Watsa, dans la province du Haut-Uele, tire la sonnette d’alarme face à la recrudescence des cas de justice populaire enregistrés ces derniers jours. Elle attribue cette situation notamment au manque d’effectifs policiers pour assurer la sécurité de la population.
Selon la coordination territoriale de la Société civile du Congo, au moins trois cas de justice populaire ont été signalés en l’espace d’une semaine, soit entre le 26 février et le 4 mars 2026.
Le dernier incident remonte à la nuit de mardi à mercredi au marché de Watsa, où un policier a été lynché par des habitants en colère alors qu’il tentait d’intervenir lors d’un cambriolage.
Pour Joseph Kelema, coordonnateur de la Société civile du Congo dans le territoire de Watsa, l’insuffisance des forces de l’ordre dans cette entité à forte croissance démographique contribue à la multiplication de ces actes.
« La coordination territoriale de la société civile du Congo condamne avec fermeté les cas de justice populaire dans le territoire de Watsa. Cette situation porte atteinte au droit à la vie garanti par notre Constitution. Nous demandons aux autorités provinciales et locales de renforcer la sécurité dans ce territoire cosmopolite où la population ne cesse d’augmenter. Il est nécessaire d’accroître l’effectif des policiers afin de faire face à cette croissance démographique », a-t-il déclaré.
De son côté, l’administrateur adjoint du territoire de Watsa chargé des questions politiques et administratives, Célestin Patro Atanvo, condamne également ces pratiques. Il rassure que le comité local de sécurité a déjà pris certaines dispositions pour décourager la justice populaire, devenue de plus en plus fréquente dans cette partie de la province du Haut-Uele.
Actu30 / Provinces26rdc.com
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