Le député national Steve Mbikayi Mabuluki a adressé une lettre ouverte aux évêques de la Conférence Épiscopale Nationale du Congo en réaction à leur message intitulé « La Nation est en péril ! Dressons nos fronts, prenons le plus bel élan ».
Dans cette correspondance, l’élu reconnaît à la CENCO le droit d’exprimer ses préoccupations sur la situation du pays, tout en l’appelant à préserver sa neutralité institutionnelle.
Steve Mbikayi estime que la déclaration des évêques donne l’impression de reprendre « presque point par point » les arguments de l’opposition politique et de la rébellion, alors qu’elle prétend se situer au-dessus des clivages partisans. Selon lui, cette posture soulève des interrogations quant au rôle que devrait jouer l’Église catholique dans le débat public.
Abordant la question sécuritaire, le député considère que le principal péril auquel fait face la République démocratique du Congo demeure l’occupation d’une partie de son territoire par l’armée rwandaise. Il relève que le message de la CENCO évoque principalement l’AFC/M23 dans les zones occupées, sans mettre explicitement l’accent sur le Rwanda, pourtant dénoncé par plusieurs acteurs internationaux pour son implication dans le conflit.
Sur le débat constitutionnel, Steve Mbikayi conteste la position des évêques qui affirment ne voir ni l’urgence, ni la nécessité, ni l’opportunité d’une réforme de la Constitution. Il soutient qu’aucune disposition constitutionnelle ou légale ne confère à la CENCO la compétence de se prononcer sur l’opportunité d’une telle réforme. Il critique également les mises en garde formulées contre une éventuelle révision constitutionnelle, estimant qu’elles relèvent davantage d’un discours alarmiste que d’une analyse fondée.
L’élu défend par ailleurs la possibilité d’apporter des amendements à certaines dispositions constitutionnelles, y compris celles contenues dans l’article 220, qu’il juge non intangible. Selon lui, des réformes pourraient être envisagées afin d’améliorer la gouvernance du pays, dans le strict respect des procédures prévues par la loi.
Concernant les élections de 2023, Steve Mbikayi rappelle que les contentieux électoraux ont été tranchés par la Cour constitutionnelle et que les décisions de cette juridiction s’imposent à tous. À ses yeux, la stabilité des institutions exige le respect de l’autorité de la chose jugée.
Le député évoque également plusieurs exemples internationaux pour appeler la CENCO à davantage de retenue dans les débats politiques. Il cite notamment les États-Unis, la France et le Congo-Brazzaville, où les conférences épiscopales n’auraient pas, selon lui, joué un rôle comparable dans les controverses institutionnelles et politiques.
Steve Mbikayi relève en outre ce qu’il considère comme une contradiction dans le message des évêques. Il leur reproche de dénoncer une campagne d’influence autour de la réforme constitutionnelle tout en demandant à leurs agents pastoraux de diffuser largement leur propre position auprès des fidèles.
Pour le député national, cette démarche alimente l’impression que la CENCO ne se limite plus à son rôle d’éclairage moral, mais s’engage directement dans l’arène politique. Il estime que l’Église catholique gagnerait à redevenir une conscience morale capable de rassembler l’ensemble des Congolais plutôt qu’un acteur identifié à un camp particulier.
Dans sa conclusion, Steve Mbikayi affirme que les partisans et les opposants aux réformes constitutionnelles auront l’occasion de défendre leurs arguments respectifs dans le cadre du débat démocratique. Il rappelle toutefois que la décision finale appartient au peuple congolais.
« Les réformes constitutionnelles auront lieu. Les partisans de ces réformes défendront leurs arguments. Les opposants défendront les leurs. Les idées doivent s’affronter. Mais la Constitution appartient au peuple. Le dernier mot lui reviendra. C’est lui, et lui seul, qui décidera de l’avenir institutionnel de notre pays », a-t-il déclaré dans sa lettre ouverte adressée aux évêques de la CENCO.
La Gazette du Continent / Provinces26rdc.com
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