RDC : Steve Mbikayi plaide pour un changement d’itinéraire de la marche de l’opposition du 22 juillet

Dans sa Carte blanche n° 296, publiée le lundi 13 juillet 2026 sur son compte Facebook, Steve Mbikayi estime que l’opposition devrait revoir l’itinéraire de la marche qu’elle prévoit d’organiser le 22 juillet afin d’éviter une éventuelle interdiction et d’en garantir la tenue.

L’ancien ministre commence par reconnaître que l’opposition a retrouvé une certaine visibilité sur la scène politique, même s’il considère que ses dernières initiatives n’ont pas suscité une forte adhésion populaire.

« Même si ses récentes initiatives n’ont pas rencontré l’adhésion populaire, elles lui ont permis de retrouver une visibilité médiatique. Ville morte, sit-in, appel à une marche pacifique : malgré leurs faibles résultats sur le terrain, ces actions ont été largement relayées. Nous reconnaissons à l’opposition une réelle capacité à transformer des échecs politiques en victoires de communication », a écrit Steve Mbikayi.

Pour autant, il affirme soutenir l’organisation de cette marche, estimant qu’elle constitue un exercice normal dans une démocratie où chaque courant politique doit pouvoir mesurer sa capacité de mobilisation.

«Nous saluons également son initiative d’organiser une marche pacifique le 22 juillet. Dans une démocratie, chaque courant politique doit pouvoir mesurer sa capacité de mobilisation devant l’opinion », poursuit-il.

Le principal point de divergence de Steve Mbikayi concerne toutefois le choix du Palais de la Nation comme point de chute de la manifestation.

«Là où notre analyse diverge, c’est sur le choix du point de chute de cette manifestation », peut-on lire dans sa Carte blanche.»

Selon lui, le choix d’un site aussi sensible pourrait conduire les autorités à interdire la manifestation, alors qu’un changement d’itinéraire permettrait d’en assurer la tenue.

« Si les organisateurs souhaitent réellement que cette marche ait lieu, ils gagneraient à modifier leur point de chute. Un tel choix préserverait à la fois leur droit de manifester et le respect des exigences de sécurité publique », estime l’ancien ministre.

Steve Mbikayi va plus loin en affirmant que le maintien du Palais de la Nation comme point de chute pourrait être interprété comme une stratégie visant à provoquer une interdiction ou des incidents.

«À défaut, l’opinion considérera que, faute d’une forte mobilisation, ils créent eux-mêmes les conditions conduisant les autorités à interdire leur manifestation. Ou qu’ils seraient à la recherche d’incidents à vendre à la communauté internationale. Tel est, selon nous, le vrai message que recèlerait leur initiative », ajoute-t-il.

En revanche, il appelle la majorité présidentielle à ne pas tomber dans ce qu’il qualifie de « piège » en cherchant à empêcher cette manifestation ou à organiser une contre-marche le même jour.

«Pour notre part, nous souhaitons que cette marche puisse effectivement se tenir, dans le strict respect de la loi. Elle offrira l’occasion de mesurer objectivement la capacité de mobilisation de l’opposition. L’obstruer par des actions concomitantes, c’est tomber dans leur piège», souligne Steve Mbikayi.

L’ancien ministre estime qu’une démonstration de soutien au président de la République devrait intervenir ultérieurement, dans le cadre d’une autre marche organisée par la majorité.

Il conclut en appelant les acteurs politiques à privilégier la sérénité et les voies démocratiques dans la confrontation des idées.

« Quant à nous, sûrs de notre légitimité démocratique, nous devons faire preuve de sérénité, de responsabilité et de maturité. Nous n’avons pas vocation à empêcher, politiquement, nos adversaires de s’exprimer, mais à répondre, le moment venu, par les mêmes voies démocratiques. C’est ainsi que notre démocratie en sortira renforcée », conclut-il.

 

Opinion Info / Provinces26rdc.com

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