Trente ans après le meurtre de Tupac Shakur, un ex-chef de gang devant la justice lors d’un procès historique

Le 13 septembre 1996, le rappeur américain Tupac Shakur mourait après avoir été touché par des tirs quelques jours plus tôt en pleine rue à Las Vegas. Et 30 ans plus tard, un procès s’ouvre lundi 10 août pour tenter de résoudre ce meurtre. Duane Davis, dit « Keefe D ». L’ancien membre du gang des Crips est accusé d’avoir organisé et participé à cet assassinat jamais élucidé.

Dans les années 1990, Tupac Shakur est l’un des rappeurs les plus connus de la planète. Son meurtre alors qu’il circulait en voiture à Las Vegas, dans la nuit du 7 septembre 1996, est donc particulièrement scruté, rapporte notre correspondant à New York, Gwendal Lavina.

Mais pendant des années, l’enquête piétine : les quatre occupants de la Cadillac blanche qui transportait le tireur restent introuvables. Le meurtre est alors devenu l’un des « cold cases » les plus célèbres des États-Unis, objet de débats sans fin entre fans de musique. Mort à 25 ans, « 2Pac » était une figure clé de la fameuse rivalité entre les scènes rap de la côte ouest et la côte est des États-Unis.

Avec ses tubes « California Love » et « All Eyez on Me », déclamés sur des mélodies mêlant groove et grosses basses, ce fils d’une membre des Black Panthers incarnait le mauvais garçon de la « West Coast ».

Le mystère a toutefois commencé à se dissiper ces dernières années puisque « Keefe D », ancien trafiquant de drogue et ex-chef de gang, a affirmé à plusieurs reprises publiquement être impliqué dans l’assassinat du rappeur sur fond de rivalités. Dans ses mémoires publiées en 2019, « Keefe D » écrivait avoir participé à l’expédition meurtrière avec d’autres membres de son gang des Crips, de Compton, un quartier de Los Angeles.

 « Keefe D » plaide non coupable à l’inverse de ses interviews et ses mémoires

Arrêté en 2023, l’homme de 63 ans est accusé d’avoir fourni l’arme qui a servi à tuer Tupac. Les trois autres occupants de la voiture identifiés depuis sont décédés.

Alors qu’il tenait le même discours lors d’interviews dans les médias, poussant la police à rouvrir l’enquête, « Keefe D » plaide non coupable aux accusations : il affirme que le co-auteur de ses mémoires les a romancées pour vendre son livre et se mettre en avant.

Le procès prévu pour durer quatre semaines permettra peut-être de conclure cet épisode de la culture urbaine américaine. Duane « Keefe D » risque la prison à perpétuité incompressible.

Quel que soit le verdict, il est peu probable qu’il satisfasse les proches de Tupac Shakur. En mai, son demi-frère a déposé une plainte au civil dans laquelle il estime qu’il « reste des individus impliqués dans le meurtre de Tupac qui, depuis 30 ans, n’ont pas été tenus responsables de leurs crimes ». La plainte mentionne notamment la récente mini-série documentaire Sean Combs: L’heure des comptes, où Duane Davis assure dans un interrogatoire de police que P. Diddy lui aurait offert un million de dollars pour assassiner Tupac.


rfi / Provinces26rdc.com

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