Le 26 juillet 2023, des militaires renversaient Mohamed Bazoum et prenaient le pouvoir au Niger. Trois ans plus tard, le président renversé et son épouse sont toujours détenus à la résidence présidentielle de Niamey. Mohamed Bazoum n’a toujours pas été jugé, et le général Abdourahamane Tiani et le Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP) dirigent le pays. Leur bilan est mitigé.
La situation sécuritaire, l’un des arguments des auteurs du coup d’État du 26 juillet 2023, s’est dégradée au Niger ces dernières années selon différents observateurs, après la chute de Mohamed Bazoum et l’arrivée au pouvoir du général Abdourahamane Tiani.
La région de Tillabéry, dans l’ouest, est particulièrement exposée à la menace djihadiste. Depuis le début de l’année, la zone de l’aéroport de Niamey a été la cible de deux attaques ; l’une revendiquée par le Jnim, lié à al-Qaïda, l’autre par le groupe État islamique au Sahel.
Un régime répressif
Les organisations de défense des droits humains épinglent régulièrement le régime nigérien pour son caractère répressif, « un régime autoritaire », écrit Human Rights Watch, qui cite la dissolution de syndicats, la suspension de dizaines d’organisations de la société civile, la détention de journalistes ou encore la criminalisation de l’homosexualité dans le nouveau Code pénal.
Ces derniers mois, le Niger a repris langue avec les États-Unis et avec le Bénin, dans la foulée de l’élection de Romuald Wadagni, mais Niamey n’a pas encore rouvert la frontière avec son voisin. L’économie nigérienne, elle, bénéficie d’un bon taux de croissance, portée par le secteur pétrolier. Un spécialiste du Sahel déplore toutefois un manque de visibilité et de perspectives, et un pouvoir sans feuille de route annoncée.
« C’est une situation qui est intolérable »
Trois ans après le coup d’État, le président renversé Mohamed Bazoum et sa femme Khadidja sont toujours détenus dans une aile du palais présidentiel à Niamey. Ses avocats exigent leur libération immédiate et sans condition. Ils s’inquiètent de leur isolement et de la situation judiciaire de l’ancien président.
« Il a été victime de séquestration, d’arrestations et de détention arbitraires. Ses conditions de vie sont plus que déplorables. Il n’a pas vu ses avocats depuis trois ans. Il ne voit son médecin qu’une fois par semaine. Il n’a pas droit à une promenade dans le palais. Il est vraiment à l’isolement, coupé du monde. C’est une situation qui est intolérable », dénonce Mohamed Seydou Diagne, avocat au barreau de Dakar, coordonnateur du Collectif international des avocats du président Mohamed Bazoum.
« La junte s’entête et monsieur Bazoum n’est plus ni plus ni moins qu’un bouclier humain entre les mains de ses geôliers. Il n’a pas été inculpé, il n’a pas été formellement mis en examen par un juge d’instruction. Son immunité présidentielle a été levée. On n’a pas d’interlocuteur, on n’a pas de contact et c’est pour ça que nous espérons et souhaitons que les autorités politiques de la sous-région ou des organisations internationales demandent et exigent sa libération immédiate et sans condition », poursuit-il.
Dans la foulée du coup d’État de 2023, la Cour de justice de la Cédéao, l’Union africaine, le Secrétaire général de l’ONU avaient déjà demandé la libération immédiate de Mohamed Bazoum.
rfi / Provinces26rdc.com
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