2023 en RDC : Denis Kadima, la corde au cou

Des dates fixement pointées dans la feuille de route de la CENI pourraient devenir des rendez-vous immuables, qui ne changeront plus aux yeux de l’opinion. Cette feuille de route non concertée place Denis Kadima entre le marteau et l’enclume. Plusieurs acteurs politiques qui n’agréent toujours pas le leadership de Denis Kadima à la CENI viennent de trouver-là un meilleur prétexte de le crucifier, mieux de le condamner à une obligation de son exécution coûte que coûte, peu importe les contraintes inhérentes à chaque détail dudit chronogramme.

Kadima, le président contesté de la CENI n’aura donc plus d’excuses. Tant il s’agit bien de sa propre feuille de route, élaborée par sa propre équipe sous son propre leadership. Pour de nombreux observateurs, tout plan de glissement concocté dans des officines ne passera plus, puisque Kadima vient de sceller la présidentielle au mois de décembre 2023, point barre. Des manifestations monstres pourraient s’inviter au coktail si jamais la même CENI se permettait de commettre la moindre bourde rectificative des délais.

L’opposition s’organise

Martin Fayulu et Moïse Katumbi ont déjà aiguisé leurs armes. Si Katumbi intensifie des actions d’implantation de son parti « Ensemble pour la République » en province, les deux acteurs ne laissent rien au hasard: lobbying, mobilisation des ressources, alignement des candidats à tous les niveaux des scrutins, pression internationale pour le respect du délai constitutionnel de la présidentielle etc.

Des stratégies inédites sont montées pour déstabiliser Félix Tshisekedi et le faire reculer à tout prix afin qu’il limite sa mandature à un seul quinquennat. Alors que ce dernier garde bien toutes ses chances de se représenter pour un second mandat, le tout dernier en tout cas. Certes, Félix Tshisekedi a de bonnes raisons de s’inquiéter d’une seconde campagne électorale dans un pays où la situation sociale laisse pousser de la moisissure. Seule une petite caste de privilégiés s’en tirent les poches pleines. Fonctionnaires, salariés et autres citoyens ne perçoivent quasiment pas d’avancées dans le système de gestion de l’actuel régime. Le dernier détournement dénoncé vient d’être localisé dans le cercle immédiat du président de la République. À la suite de sa récente tournée politique dans le grand Kasaï, le chef de l’État aurait consenti de venir en aide aux personnes vivant avec handicap et aux notables de Tshumbe (Sankuru). Environ 50 mille dollars ordonnés par le garant de la nation auraient pris une destination inconnue. Un (des) conseiller (s) de la présidence est cité dans la dilapidation de cette fortune présidentielle. Un cas parmi tant d’autres. Ce qui écorne considérablement l’image du chef de l’État au sein de la population.

Pius Romain Rolland Ngoie et Daniel Safu candidatés à la présidentielle de 2023

Il s’agit de deux journalistes reconnus en République démocratique du Congo. L’un est catégorisé proche de Joseph Kabila et l’autre politiquement engagé aux côtés de Moïse Katumbi. Pius Romain Rolland Ngoie est activiste politique dont les tribunes ne ménagent guerre le régime Tshisekedi. Pour ses opinions, il fut interpellé et jeté en prison en décembre 2020 avant d’être relâché en février 2021. Auteur d’une célèbre phrase « l’UDPS est une malédiction pour la RDC », Pius Romain Rolland Ngoie s’est clairement distingué par la dénonciation des bévues de gestion du régime UDPS au point d’être estampillé membre de l’opposition. Quant à Daniel Safu, député national élu de Mont-Amba (Kinshasa), celui-ci s’est finalement décidé de soutenir Moïse Katumbi. Embarrassé par les résultats mitigés de gestion de la coalition de l’Union sacrée au pouvoir, il lâcha lors de l’une de ses interventions médiatiques célèbres, sans mettre des gants autour de la différence entre Kabila et Félix Tshisekedi estimant craindre que le peuple n’en déduise qu’entre les deux, Kabila serait le moindre mal. Arrêté plusieurs fois, il bénéficia d’une mesure de grâce présidentielle de la part du président Joseph Kabila suite aux ordonnances signées le 31 décembre 2015 dont l’une portait sur la mesure de grâce présidentielle accordée aux condamnés congolais et étrangers âgés de 70 ans et plus.

Ces deux journalistes célèbres viennent donc de faire une annonce fracassante chacun. Ils se disent intéressés par l’aventure de la présidentielle du 24 décembre 2023. Certains analystes pensent que les deux sont poussés par leurs appuis politiques pour jauger le moral du régime UDPS soupçonné de tentatives d’étouffement de certaines candidatures encombrantes dont celle de Moïse Katumbi Chapwe ou possiblement et par surprise historique, celle de Joseph Kabila Kabange.

 

Ouragan/Provinces26rdc.net

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*