La communauté congolaise de Belgique face au Coronavirus

La Belgique applique, depuis ce mercredi 18 mars à midi, les mesures de confinement total imposées par le gouvernement pour lutter contre la propagation du coronavirus virus (Covid 19).

L’’Union européenne a fermé les frontières de l’espace Schengen. Mais sans fermer ses frontières nationales, comme l’ont fait les pays voisins (Allemagne et France, notamment), la Belgique en appelle au sens de responsabilité de chaque habitant de respecter les consignes. Le « rester chez soi » est devenu la seule ligne de  conduite, au risque de sanctions, qui peuvent aller des amendes policières pour les individus à la fermeture pure et simple des entreprises qui n’appliquent pas les directives gouvernementales

Dans la communauté congolaise, les sarcasmes du début ont fait place au sérieux. En effet, tout au début de la crise, on estimait, dans les milieux négro-africains et congolais en particulier, que le virus Covid 19, ne concernerait que les autres races, les Noirs étant immunisés par leur pigmentation.

Et on a sorti des « recettes de grand-mère », du genre manger de l’ail, prendre du « Congo bololo » ou simplement boire et manger chaud, voire très chaud. Mais rien n’y fit. Le temps a fini par convaincre que toutes ces recettes étaient aussi inefficaces qu’inutiles. Et le discours a commencé à changer grâce aux jeunes qui ont, sans broncher,  appliqué les consignes.

Revenant de l’école, les tout petits ont expliqué à leurs parents que les grands-parents étaient des personnes à risque et qu’il ne fallait plus aller chez eux Les ados se sont mis à surveiller les parents plus âgés. Le « où vas-tu » es devenu la seule question qu’ils posent dès qu’un parent cherche à sortir, pour se dégourdir les jambes ou faire une petite course pour s’approvisionner.

Cela a fait que, de plus en plus, les Congolais ont commencé à prendre conscience de la gravité de la situation : les bureaux et les établissements scolaires sont fermés, le télétravail est conseillé, les rues sont quasi désertes, les véhicules sont au repos, les cafés, où l’on se retrouvait pour refaire le monde, sont devenus un souvenir.

Le quartier Matonge, d’habitude grouillant de monde et envahi par une musique toujours d’un décibel élevé dès les premières heures de l’après-midi, est aujourd’hui morne, plongé dans un silence de cathédrale. Et comme dit la fable, « ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés ».

Ce fut d’abord une rumeur, répandue dans les milieux des églises de réveil : une responsable bien connue avait, disait-on, attrapé la pneumonie. Internée dans un hôpital de Bruxelles, elle a reçu de nombreuses visites de fidèles de son église. La pneumonie s’est avérée être le virus Covid 19, qui a aussi frappé la une de ses filles et quelques-uns de visiteurs de la dame testée positive.

Dans les milieux congolais, on parle aussi, avec insistance, d’un ancien dirigeant sportif bien connu, interné dans un centre hospitalier de province. Ses amis assurent qu’il s’agit de la « bête ». Et ceux d’entre eux qui s’étaient précipités pour lui rendre visite, se sont cloîtrés eux-mêmes chez eux, avant même la mesure de confinement général décidé par le gouvernement belge. Plusieurs cas avérés de contamination sont néanmoins signalés, et ils appellent à la prudence et au respect strict des consignes.

Une chose est certaine : la Belgique compte près de 1200 cas déclarés et a enregistré une dizaine de décès. Mais, à ce jour,  aucun décès d’origine congolaise n’a été déclaré

France « Un Congolais est mort du Coronavirus à Paris »

-Claude Mayele(Photo) était un photographe spécialisé dans les mariages dans la communauté. Il est mort dans la nuit de dimanche à lundi à l’hôpital de la Pitié Salpetriere de Paris (France).

Photographe à la Présidence de la république à l’époque de Mobutu, il vivait en France depuis plus de 20 ans.

C’est le premier congolais mort du Coronavirus, preuve que, contrairement à ce qui se dit, cette maladie tue tout aussi les noirs et les congolais.

« Que 4 cas », mais beaucoup d’inquiétude

S’il n’y a que 4 cas déclarés à ce jour, « on ne doit pas pour autant ne pas s’inquiéter pour l’avenir de la RDC », précisent de nombreux spécialistes.

Ayant peur que « si le Coronavirus arrive dans notre pays, faute d’installations hospitalières viables, la RDC ne connaisse une situation pire que partout ailleurs dans le monde », le professeur Muyembe Tamfum était le premier à tirer la sonnette d’alarme et à s’inquiéter du manque de réaction à cette épidémie qui touchait déjà durement l’Asie, propos tenus alors qu’elle arrivait en Europe.

Il n’y avait à ce moment là (15 février) que 3 cas en Italie. Depuis, dans la 3ème puissance européenne, dotée d’hôpitaux modernes, le nombre de cas a été multiplié par 100 en 10 jours, par 4 les 3 jours suivants, de nouveau par 10 la semaine qui a suivi, pour totaliser en un mois, le nombre de 24747 cas. Et enregistré plus de 2000 morts.

Et la RDC ?

Beaucoup de Congolais continuent de croire que le virus ne tuera personne.

« Rappelez-vous qu’on a eu déjà une grosse épidémie de grippe qui nous a terrassés en décembre », disent même certains en pensant qu’il s’agissait déjà du Coronavirus.

Réunion extraordinaire du conseil des ministres

Rien n’indique cependant qu’il s’agissait du Coronavirus et alors que dans les conversations l’on s’amuse encore un peu de cette maladie « qui ne touchera pas notre pays », le gouvernement n’a encore rien vraiment décidé.

Le président Tshisekedi ne devrait s’adresser à la nation sur le sujet pour la première fois que ce mardi soir.

On ne serait pas surpris qu’il annonce ce qui se fait déjà ailleurs, notamment la fermeture des liaisons avec l’Europe et l’Asie, qui ont déjà eux-mêmes auparavant annoncé qu’ils fermaient leurs frontières depuis la veille au soir.

Top Congo /ACP / provinces26rdc.net

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*