Ebola : la riposte fait face à la résistance communautaire nourrie par des croyances

Le ministre congolais de la Santé, Roger Kamba, a indiqué à Bunia, dans la province de l’Ituri, épicentre de l’épidémie d’Ebola dans le nord-est de la République démocratique du Congo (RDC), que la riposte sanitaire faisait face à une forte résistance communautaire nourrie par des croyances locales et une méconnaissance des mesures de prévention, vendredi soir, lors d’une conférence de presse.

S’exprimant devant la presse après une rencontre avec des députés provinciaux de l’Ituri, le ministre a indiqué que les autorités avaient cherché à comprendre pourquoi plusieurs décès enregistrés dans la communauté n’avaient pas été signalés rapidement aux services de santé.

Selon lui, des élus locaux ont rapporté que des familles attribuaient les décès à des cas d’empoisonnement plutôt qu’à Ebola.

« Cette perception a conduit plusieurs familles à privilégier des remèdes traditionnels contre un prétendu poison plutôt que de se rendre dans les structures sanitaires », a expliqué le ministre.

Docteur Kamba a également évoqué une « psychose » née autour du cercueil utilisé lors des funérailles du premier patient décédé le 27 avril.

D’après certaines croyances relayées dans la communauté, le remplacement puis l’incinération du cercueil auraient déclenché une forme de « vengeance mystique » contre les personnes ayant participé aux funérailles ou à la destruction du cercueil, a-t-il dit.

Le ministre a regretté que ces croyances aient retardé « l’alerte précoce » indispensable à la riposte contre l’épidémie.

« Les autorités sanitaires ne peuvent intervenir efficacement que lorsque les cas suspects sont signalés à temps par les communautés concernées », a-t-il rappelé.

L’Ituri demeure l’épicentre de cette 17ème épidémie d’Ebola qui touche également certaines zones du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.

Ebola a débuté en septembre 1976 dans le village de Yambuku (Bumba) dans l’ancienne province de l’Equateur. Un bilan de 318 cas et 280 décès avait été enregistré.

L’épidémie d’ »Ebola Zaïre » de 2018-2020 à Mangina, Beni et Butembo avait fait pour sa part 2.200 morts dans la même région.

Actuellement, il s’agit d’une variante génétiquement distincte des précédentes épidémies Bundibugyo de 2007 et 2012, issue directement d’un réservoir animal, selon le docteur Jean-Jacques Muyembe, directeur de l’Institut National de Recherche Biomédicale (INRB).

L’épidémiologiste insiste sur le rôle central de l’engagement communautaire, « déjà démontré lors des réponses récentes » pour lutter contre Ebola.

Le renforcement des agents de santé communautaires est présenté comme un levier essentiel pour améliorer la détection précoce, la surveillance, la communication des risques.

Des mesures sont recommandées par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) pour éviter la transmission du virus entre les personnes :
lavage régulier des mains avec de l’eau et du savon ;
utilisation d’une solution hydroalcoolique lorsqu’il n’y a pas d’eau disponible.

Quant aux agents de santé et des proches des malades, il leur est demandé le
port d’équipements de protection, des gants, masques, lunettes et vêtements de protection.

Les agents de santé et les proches aidants doivent éviter les contacts avec les corps des personnes décédées. Les funérailles doivent être organisées par des équipes spécialisées.

 

ACP/Provinces26rdc.com

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