L’Université de Kinshasa a de nouveau été secouée par des tensions estudiantines. Ce vendredi 29 mai 2026, le calme habituel de la colline inspirée a laissé place à une vague de contestation après la tenue des élections de la coordination estudiantine en ligne. Accusant les organisateurs d’avoir orchestré une fraude massive, des centaines d’étudiants ont investi plusieurs artères du campus pour exprimer leur colère et réclamer la transparence des résultats. Dans une atmosphère électrique, des scènes de vandalisme ont été signalées autour de certains bâtiments administratifs et commerces universitaires, illustrant le profond malaise qui entoure ce scrutin. Cet épisode ravive, une fois de plus, le débat sur la gouvernance estudiantine et la crédibilité des mécanismes électoraux au sein de la plus grande université publique de la RDC.
La colère a rapidement dégénéré en violences. Selon plusieurs témoignages recueillis sur place, des vitres du bâtiment administratif ont été brisées, tandis que des restaurants et petits commerces installés sur le site universitaire ont été vandalisés. Des marchandises auraient également été emportées dans la confusion.
Au cœur de la contestation : la crédibilité du scrutin organisé en ligne, une formule que plusieurs étudiants jugent opaque et mal encadrée. Pour de nombreux manifestants, les résultats proclamés ne reflètent pas le choix réel des étudiants.
» Il y a eu bel et bien la tricherie. Nous ne pouvons pas tous accepter au moment l’université est un lieu où la vérité doit régner sinon c’est le contraire de la raison. Nous demandons qu’on puisse reprendre ces élections. Sinon, c’est la jungle », a expliqué Horline Kabuya, une étudiante de la L2 en sciences économiques.
Dans les différents auditoires et espaces de rassemblement, le sentiment d’injustice semblait largement partagé. Certains étudiants dénoncent une organisation improvisée, incapable selon eux de garantir la transparence du vote.
» C’est une honte ! Ces élections doivent être refaites. On ne peut pas avoir un coordonnateur des étudiants qui ne bénéficie pas de popularité de ses collègues », a dit l’un des étudiants de l’université.
Jusqu’en début de soirée, le calme restait précaire sur le campus. Aucune communication officielle des autorités académiques n’avait encore été faite concernant une éventuelle reprise des élections ou l’ouverture d’une enquête sur les accusations de fraude.
Ces tensions interviennent dans un contexte où la représentation estudiantine demeure un enjeu sensible au sein de la plus grande université publique de la République démocratique du Congo.
À l’Unikin, les élections de coordination cristallisent souvent rivalités politiques, influences des regroupements estudiantins et frustrations liées aux conditions de vie sur le campus.
LePotentiel / Provinces26rdc.com
Laisser un commentaire