Le ministre congolais de la Santé publique, Roger Kamba, a fait état d’une amélioration des capacités de dépistage de l’épidémie d’Ebola qui touche principalement la province de l’Ituri, épicentre de cette maladie, dans le nord-est de la République démocratique du Congo (RDC), lors d’un briefing de presse vendredi à Bunia, chef-lieu de province, sur les mesures de riposte pour contenir l’épidémie.
« Je suis plutôt satisfait aujourd’hui, car je pense qu’à partir de demain (samedi), il y aura de moins en moins de cas suspects et de plus en plus de cas confirmés », a déclaré docteur Roger Kamba, ministre de la Santé, lors d’un échange avec les journalistes dans cette ville considérée comme l’épicentre de l’épidémie.
Selon lui, les autorités sanitaires attendent systématiquement « la confirmation du laboratoire avant de déclarer un cas positif ».
M. Kamba a indiqué qu’environ 1.028 cas suspects avaient été recensés jusqu’à présent, un chiffre « pratiquement inchangé » par rapport à la veille. Il a toutefois souligné une « amélioration significative » des capacités des laboratoires, permettant dès les prochains jours de « communiquer avec davantage de précision le nombre réel de cas d’Ebola ».
« À ce jour, sur l’ensemble des tests effectués depuis le début de l’épidémie, nous avons enregistré 225 cas confirmés d’Ebola », a-t-il précisé, ajoutant que les autorités allaient « progressivement retirer des statistiques les cas qui ne sont pas liés à Ebola afin de disposer de données de plus en plus fiables ».
Parmi les cas confirmés, « certaines personnes sont malheureusement décédées, mais d’autres sont en voie de guérison », a poursuivi le ministre.
« Nous pourrions annoncer dès demain ou après-demain au moins cinq guérisons », a-t-il assuré, précisant que ces patients avaient déjà obtenu un premier test négatif et attendaient une seconde confirmation.
« Sur le plan clinique, leur état est déjà rassurant », a-t-il ajouté.
Le ministre a également indiqué que l’épidémie continuait de toucher trois provinces du pays, sans extension géographique supplémentaire.
« Les résultats compilés à ce jour montrent dix zones de santé touchées en Ituri, trois au Nord-Kivu et une au Sud-Kivu », a-t-il déclaré.
Avant de poursuivre ses activités, le ministre Kamba a annoncé qu’il allait se rendre « sur le terrain pour constater les conditions de prise en charge des patients ».
Le premier cas d’Ebola a été diagnostiqué en septembre 1976 dans le village de Yambuku (Bumba), dans l’ancienne province de l’Equateur. Un bilan de 318 cas et 280 décès avait été enregistré.
L’épidémie d’ »Ebola Zaïre » de 2018-2020 à Mangina, Beni et Butembo avait fait pour sa part 2.200 morts dans la même région.
Actuellement, il s’agit d’une variante génétiquement distincte des précédentes épidémies Bundibugyo de 2007 et 2012, issue directement d’un réservoir animal, selon le docteur Jean-Jacques Muyembe, directeur de l’Institut National de Recherche Biomédicale (INRB).
L’épidémiologiste insiste sur le rôle central de l’engagement communautaire, « déjà démontré lors des réponses récentes » pour lutter contre Ebola.
Le renforcement des agents de santé communautaires est présenté comme un levier essentiel pour améliorer la détection précoce, la surveillance, la communication des risques.
Des mesures sont recommandées par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) pour éviter la transmission du virus entre les personnes :
lavage régulier des mains avec de l’eau et du savon ;
utilisation d’une solution hydroalcoolique lorsqu’il n’y a pas d’eau disponible.
Quant aux agents de santé et des proches des malades, il leur est demandé le
port d’équipements de protection, des gants, masques, lunettes et vêtements de protection.
Les agents de santé et les proches aidants doivent éviter les contacts avec les corps des personnes décédées. Les funérailles doivent être organisées par des équipes spécialisées.
ACP/Provinces26rdc.com
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