Deux mille (2 000) kits de diagnostic de la maladie à virus Ebola ont été réceptionnés à Bunia, chef-lieu de la province de l’Ituri, épicentre de l’épidémie, dans le nord-est de la République démocratique du Congo (RDC), dans le cadre du renforcement du dispositif de riposte pour contenir cette épidémie d’Ebola, a annoncé vendredi le ministre de la Santé, lors d’un briefing de presse co-animé avec le ministre de la Communication et médias.
« Nous venons de réceptionner 2 000 kits de diagnostic. Désormais, le diagnostic se fait à Bunia et aucun échantillon ne connaîtra de retard à partir de demain », a indiqué Roger Kamba, ministre de la Santé, en présence des autorités provinciales et des partenaires de la riposte.
Docteur Kamba a précisé que cette dotation marque une avancée majeure dans la lutte contre l’épidémie en permettant l’analyse rapide des prélèvements sur place, sans recours systématique au transfert des échantillons vers d’autres laboratoires du pays.
« Cette capacité opérationnelle devrait réduire considérablement les délais de confirmation des cas suspects et faciliter une prise en charge rapide des personnes infectées, tout en renforçant la surveillance épidémiologique dans les zones touchées », a-t-il relevé.
Le ministre de la Santé a, par ailleurs, insisté sur l’importance de l’implication communautaire dans la riposte, appelant la population à collaborer avec les équipes sanitaires pour le signalement précoce des cas suspects et le respect des mesures de prévention.
Pour sa part, le gouverneur militaire de l’Ituri, le lieutenant-général Johnny Luboya Nkashama, a réaffirmé l’engagement des autorités provinciales à soutenir les actions engagées par le gouvernement central, en vue d’endiguer la propagation du virus dans la province.
Le renforcement des capacités de diagnostic intervient dans un contexte de vigilance accrue face à la 17ème épidémie de la maladie à virus Ebola déclarée en RDC le 15 mai.
Ebola a débuté en septembre 1976 dans le village de Yambuku (Bumba) dans l’ancienne province de l’Equateur. Un bilan de 318 cas et 280 décès avait été enregistré.
L’épidémie d’ »Ebola Zaïre » de 2018-2020 à Mangina, Beni et Butembo avait fait pour sa part 2.200 morts dans la même région.
Actuellement, il s’agit d’une variante génétiquement distincte des précédentes épidémies Bundibugyo de 2007 et 2012, issue directement d’un réservoir animal, selon le docteur Jean-Jacques Muyembe, directeur de l’Institut National de Recherche Biomédicale (INRB).
L’épidémiologiste insiste sur le rôle central de l’engagement communautaire, « déjà démontré lors des réponses récentes » pour lutter contre Ebola.
Le renforcement des agents de santé communautaires est présenté comme un levier essentiel pour améliorer la détection précoce, la surveillance, la communication des risques.
Des mesures sont recommandées par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) pour éviter la transmission du virus entre les personnes :
lavage régulier des mains avec de l’eau et du savon ;
utilisation d’une solution hydroalcoolique lorsqu’il n’y a pas d’eau disponible.
Quant aux agents de santé et des proches des malades, il leur est demandé le
port d’équipements de protection, des gants, masques, lunettes et vêtements de protection.
Les agents de santé et les proches aidants doivent éviter les contacts avec les corps des personnes décédées. Les funérailles doivent être organisées par des équipes spécialisées.
ACP/Provinces26rdc.com
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