Malangu Kabedi la gouverneur nommée en juillet 2021 a pris le parti de protéger l’épargne publique et les investissements privés. Sous son autorité, le gouvernement de la BCC a décidé de restaurer les actionnaires d’Afriland First Bank CD dans leurs droits et de désavouer les auteurs d’un hold-up ourdi depuis février 2020.
Depuis l’arrivée de Malangu Kabedi à la tête de la Banque Centrale du Congo, le thermomètre des rapports entre Afriland First Bank CD et la Banque centrale du Congo indique un niveau de mercure bas, à en croire les échanges de correspondances entre l’institution financière et son régulateur.
Pourtant, Afriland First Bank CD revient de loin ! Un événement a bouleversé la quiétude dans le monde de la finance congolaise le 1er juillet 2021, lorsque le président du conseil d’administration d’Afriland First Bank CD suspend à titre conservatoire le directeur général Souaibou Abary de ses fonctions afin de mener des enquêtes approfondies sur des agissements alors révélés par le commissaire aux comptes et le contrôle interne. A l’époque, Deogratias Mutombo officie encore comme gouverneur de la BCC. Il adresse dès le lendemain 2 juillet 2021 aux Administrateurs de First Bank CD une lettre d’injonction musclée intitulée : « Situation inquiétante de la gouvernance au sein de votre Etablissement de Crédit ». Dans cette correspondance dont nous avons obtenu copie, le gouverneur retire l’agrément du président du Conseil d’administration de la banque, annule la suspension du directeur général et ordonne au conseil de rétablir Souaibou Abary dans ses fonctions immédiatement. Le 9 juillet 2021, le président du conseil d’administration d’Afriland First Bank CD est expulsé hors de la RDC pour motif de troubles à l’ordre public.
Entre le mois de juillet 2021 et le mois de février 2022, de l’eau a coulé sous les ponts, l’imbroglio s’est accéléré : la BCC a décapité les organes sociaux d’Afriland First Bank CD en retirant l’agrément de tous les administrateurs, voire des directeurs opérationnels, laissant la banque entre les seules mains de Patrick Kafindo. De même, Déogratias Mutombo a instauré une surveillance rapprochée au sein d’Afriland First Bank CD, laquelle surveillance rapprochée a fait échec à toutes les tentatives des actionnaires de revenir à une gestion régulière par la nomination de nouveaux administrateurs…
La machine à broyer prend un coup le 5 juillet 2021 lorsque le président de la République Félix-Antoine Tshisekedi nomme un nouveau gouverneur à la tête de la BCC en la personne de Madame Malangu Kabedi. Un autre décret signé le même jour envoie Déogratias Mutombo à la tête du Conseil d’administration de l’Autorité de régulation et de contrôle des assurances.
L’imbroglio se poursuit. Mais il faudra quelques mois au nouveau gouverneur de la BCC pour comprendre qu’un hold-up a été ourdi par des personnes tapies dans l’institution qu’elle dirige, imbroglio visant à déposséder les actionnaires d’Afriland First Bank CD de leurs droits. Aujourd’hui, plusieurs signes indiquent que le nouveau gouverneur a démasqué cette collusion.
Premièrement, Malangu Kabedi a accédé à la demande d’un audit indépendant formulé par la communauté des actionnaires d’Afriland First Bank CD représentant plus de 95 % du total des actions : « Je ne trouve aucun inconvénient à l’organisation d’un audit indépendant qui toutefois ne devra être diligenté que par le conseil d’administration et ce, suivant les prescrits de l’instruction n°21 en vigueur relative au gouvernement d’entreprise des Etablissements de crédit. » Ces lignes, elle les écrit le 20 janvier 2022, en réponse à une lettre reçue de la communauté des actionnaires, Signée le 27 décembre 2021, elle fait état d’une série des présumées malversations opérées par l’ex-directeur général Souaibou Abary et le directeur général adjoint Patrick Kafindo, lesdites malversations ayant conduit à la perte d’au moins 23 millions d’euros rien que dans le seul dossier d’Amira Gold Mining Sarl. Désormais seul maître à bord, Patrick Kafindo continue de multiplier les opérations manuelles (OD) dans le système informatique, chose proscrite par la régualtion: “Plus personne ne contrôle les opératons engagées par le DGA”, écrivaient les actionnaires au gouverneur, ajoutant plus loin: “Les actionnaires voient leur patrimoine dilapidé au quotidien par un DGA devenu manifestement suprieur aux actionnaires.”
Deuxièmement, la Banque centrale du Congo a délivré des agréments aux nouveaux administrateurs nommés par l’Assemblée générale des actionnaires réunie le 30 novembre 2021. Ce qui a permis aux administrateurs ainsi désignés et adoubés par le régulateur de se réunir le 21 janvier 2021 pour désigner de nouveaux dirigeants à la tête de la direction générale et des directions opérationnelles.
Troisièmement, le gouvernement de la BCC, par la plume de Dieudonné Fikuri Alimassi en sa qualité de vice-gouverneur de la BCC, a écrit aux administrateurs d’Afriland First Bank CD en date du 2 février 2022 pour leur signifier que le régulateur prend acte de la nomination des nouveaux dirigeants d’Afriland First Bank CD : « La haute Direction de la Banque centrale du Congo, écrit-il, a pris acte des résolutions du conseil d’administration du 21 janvier 2021, en l’occurrence celles portant désignation des dirigeants de votre banque. Il s’entend que conformément aux dispositions de l’instruction n°18 aux banques, ces résolutions devront être portées à l’attention de la Banque centrale du Congo aux fins de leurs agréments. »
Au regard de ce ton empreint de bienveillance, il est évident que la situation d’Afriland First Bank CD s’achemine tout droit vers la normalisation. L’imbroglio prendra fin dans les jours qui viennent, car pour la première fois dans l’histoire des institutions financières de la RDC, une banque fonctionne pendant 7 mois sans Conseil d’administration ni Directeur Général, sans Directeur du risque, sans directeur des systèmes d’informations…
D’ores et déjà, deux membres de la direction technique d’Afriland First Bank CD à savoir Ide Bopilo et Lionel Foko ont été désignés pour assurer l’intérim en remplacement de Patrick Kafindo désavoué.
Nous avons consulté une note de service signée le 4 février 2022 par ces deux membres de la direction technique et adressée à toutes les directions de la banque pour leur signifier qu’au terme de la correspondance de la BCC ci-dessus citée, le personnel de la Banque est appelé à se conformer aux résolutions du conseil d’administration du 21 janvier qui désigne de nouveaux dirigeants, laquelle résolution est pleinement applicable.
Sur le plan externe, les institutions partenaires d’Afriland First Bank CD ont également été notifiées de cette résolution. Dès lors, la signature de l’ex-Directeur général adjoint Patrick Kafindo n’engage plus Afriland First Bank CD. L’audit demandé par les actionnaires et validé par la BCC permettra, quand il sera effectué, d’établir l’étendue et l’ampleur des dégâts causés entre février 2020 et février 2022.
Dans leurs correspondances suscitées, le gouverneur Malangu Kabedi et son adjoint Dieudonné Fikiri Alimassi ont enjoint les nouveaux dirigeants d’Afriland First Bank CD d’œuvrer pour instaurer au sein d’Afriland First Bank CD une gouvernance conforme aux instructions en vigueur. C’est dire si une nouvelle ère s’ouvre sous des cieux plus clairs pour tous les partenaires de cette institution financière du pays.
35ème Assemblée de l’Union africaine : la BAD s’active d’inscrire la question du redressement de l’Afrique au centre des débats

Au cours de la 35ème Assemblée de l’Union africaine (UA) qui se tient en Ethiopie à Addis-Abeba sous le thème : « Renforcer la résilience en matière de nutrition sur le continent africain : accélérer le capital humain, le développement social et économique », le président du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD), Dr. Akinwumi A. Adesina, dirige la délégation de cette institution aux réunions du Conseil exécutif et de l’Assemblée de l’Union africaine dans la capitale éthiopienne.
Dans les couloirs de la BAD, on laisse croire que M. Adesina et toute son équipe, vont utiliser ce sommet comme une opportunité, pour promouvoir les questions clés à l’ordre du jour du Groupe de la Banque africaine de développement. Cela comprend la mobilisation de financements pour la reprise économique accélérée de l’Afrique, après les dégâts causés par la pandémie de Covid-19 et le sujet très important de la nutrition, qui est un élément clé de la priorité « Nourrir l’Afrique de la Banque africaine de développement ».
Il faut noter que le sommet de cette année est un événement commémoratif des 20 ans de l’Union africaine. A cette occasion, M. Adesina fera une présentation sur la mobilisation de financements pour le développement et l’intégration de la reprise économique accélérée de l’Afrique. Ces derniers mois, il a plaidé pour que les pays développés redéploient une partie de leur allocation des droits de tirage spéciaux (DTS) du Fonds monétaire international (FMI) vers les pays les plus pauvres.
A noter aussi que, la BAD qui se présente comme un détenteur prescrit de DTS, est stratégiquement sur le point d’agir comme un canal pour une partie des DTS, arrivant sur le continent, qu’elle pourrait ensuite prêter pour aider à renforcer le bilan des banques publiques de développement africaines, atténuer les risques associés au financement à moyen et long terme et contribuer à combler les déficits de financement.
485 milliards USD au cours des trois prochaines années, pour sortir de la crise actuelle
La BAD estime en outre que, les pays africains ont besoin de 485 milliards de dollars américains au cours des trois prochaines années, pour sortir de la crise actuelle. Les membres de la délégation de la Banque participent également à des sessions et à des événements parallèles sur la finance intelligente, les transports, ainsi que les infrastructures et le tourisme lors du sommet, qui va se clôturer dimanche prochain.
Actu 7 / Provinces26rdc.net
Dr. Akinwumi A. Adesina, président du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD)