Conflit avec le M23 : Kinshasa exclut de négocier avec Kigali

Kinshasa a exclu jeudi de négocier avec le Rwanda, accusé de soutenir la rébellion du M23 dans l’est de la République démocratique du Congo, mais a réclamé contre Kigali des « actions fortes et des sanctions ciblées ».

« Je pense que le chef de l’État a été clair: nous n’allons pas négocier avec ceux qui nous agressent », a déclaré à la presse la nouvelle Première ministre congolaise, Judith Suminwa Tuluka, en visite à Goma, chef-lieu du Nord-Kivu.

La province est en proie depuis fin 2021 à une rébellion menée par le « M23 » (Mouvement du 23 mars) qui, avec le soutien d’unités de l’armée rwandaise, s’est emparée de vastes pans de territoire. « Les voies diplomatiques » doivent « contraindre l’agresseur à arrêter », a-t-elle ajouté, alors que des combats se poursuivaient dans la région.

Dans le même temps, à Kinshasa, Thérèse Kayikwamba Wagner, nommée ministre des Affaires étrangères dans le gouvernement investi le 12 juin, rencontrait pour la première fois le corps diplomatique. Elle a également dénoncé « l’agression rwandaise contre la RDC » et appelé à « des actions fortes et des sanctions ciblées » contre Kigali. La RDC « attend plus que des condamnations verbales » de la part des membres du Conseil de sécurité de l’ONU, a-t-elle insisté.

La ministre a par ailleurs salué le retrait progressif de la Mission de l’ONU en RDC (Monusco), qui a fermé mardi son bureau de Bukavu (Sud-Kivu). La jugeant inefficace, le gouvernement congolais a demandé le retrait de cette mission, qui ne mène désormais des opérations que dans le Nord-Kivu et en Ituri. « Le processus de désengagement de la Monusco représente une étape significative vers l’affirmation de notre capacité et volonté souveraine à garantir la sécurité et la paix », a estimé la ministre.

À Goma, Mme Suminwa a notamment visité un camp de déplacés de la périphérie ouest de la ville, où un bombardement attribué au M23 avait fait officiellement 35 morts le 3 mai dernier. « Nous sommes là pour chercher tous les moyens possibles de trouver une solution à vos problèmes », a-t-elle dit aux déplacés. « Il faut que le gouvernement prenne ses responsabilités, prenne en charge les déplacés qui continuent de souffrir », a de son côté déclaré le chef du camp, janvier Luanda.

En visite jeudi à Abidjan, le président angolais Joao Lourenço, médiateur dans la crise, a indiqué que des négociations étaient en cours pour organiser « très prochainement » une rencontre entre les présidents de RDC et du Rwanda, Félix Tshisekedi et Paul Kagame.


VOA /Provinces26rdc.com

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