À l’approche des festivités de fin d’année, les ménagères peuvent croiser les doigts. Le gouvernement, par la bouche du ministre de l’Économie nationale, rassure qu’il y aura bel et bien baisse des prix des produits surgelés importés. Pour ce faire, le gouvernement annonce qu’il travaille sur des solutions durables face à la « mauvaise foi » des opérateurs économiques qui refusent toujours d’appliquer les prix concertés. Afin d’apporter une réponse durable au « cri du ventre » congolais, le gouvernement s’engage dans une série de projets allant dans le sens de l’investissement à impact visible. Parmi les solutions envisagées, il y a le quota de pêche obtenu en Namibie pour plus de 27 000 tonnes de poissons chinchards à 6 millions de dollars ; et 8,943 millions de dollars pour acquisition de deux chalutiers en 2021 en faveur de la Société congolaise de pêche (SOCOPE). Ces projets vont, à coup sûr, donner une impulsion quantitative et qualitative des produits de la pêche et de l’élevage en réponse à la problématique d’autosuffisance alimentaire et atténuer l’impérium des importateurs sur le marché congolais.
La gestion du calvaire des festivités de fin d’année a été anticipée par le gouvernement Sama Lukonde, en ce qui concerne les produits surgelés. À l’approche des festivités de fin d’année, le ministre de l’Économie nationale, Jean-Marie Kalumba Yuma, rassure qu’il y aura bel et bien baisse des prix des surgelés importés, notamment sur le marché de Kinshasa.
À en croire un communiqué de la Cellule de communication du ministère de l’Économie nationale, le gouvernement travaille sur des solutions durables face à la mauvaise foi des opérateurs économiques qui refusent toujours d’appliquer les prix concertés.
« Nous avons mené des discussions avec les opérateurs économiques et la Fédération des entreprises du Congo (FEC). Nous sommes arrivés à un compromis. Et nous avons fixé les prix d’une manière concertée, compte tenu de certaines exagérations que nous avions constatées. Mais nous constatons que les procès-verbaux que nous avions signés ne sont pas respectés. Nous demandons à la population d’être calme », a affirmé Jean-Marie Kalumba Yuma.
Et le ministre a directement indexé les importateurs des produits surgelés qui, à l’en croire, « trichaient » aussi bien sur la valeur CIF que sur la structure de prix.
« Les opérateurs économiques étaient conscients qu’ils trichaient. Ils l’ont reconnu et ils ont même demandé pardon. Ils trichaient à deux niveaux : premièrement sur la valeur CIF qui était minorée. Conséquence : tous les services de l’Etat perdaient les recettes. Et deuxièmement, Ils surchargeaient la structure de prix avec des éléments non incorporables. Et, c’est le consommateur final qui en payait les frais », a-t-il révélé.
Parmi les solutions envisagées, il y a le quota de pêche obtenu en Namibie pour plus de 27 000 tonnes de poissons chinchards à 6 millions de dollars. Ces produits seront bientôt livrés à la RDC par les entreprises namibiennes de pêche qui ont signé un accord avec le gouvernement congolais.
Jean-Marie Kalumba a souligné que « nous avons procédé à la location des bateaux de pêche. Le gouvernement a également émis la lettre de crédit. Et nous avons un chronogramme de livraison des produits. Nous allons vous le communiquer au moment opportun ».
Le gouvernement de la République démocratique du Congo a payé 85,7 millions de dollars namibiens (environ 5,8 millions de dollars américains) pour pêcher et acquérir 27 300 tonnes de poissons appelés « chinchards », indique le journal « The Namibian ». Objectif : permettre la réduction de prix des surgelés et stabiliser les prix des chinchards sur le marché.
Le lot acquis par la RDC faisait partie du reliquat de la cargaison mise aux enchères en mai et qui n’a pas trouvé preneur auprès de l’industrie locale namibienne. Le porte-parole du ministère des Finances namibien, Tonateni Shidhudhu, l’a confirmé à « The Namibian », le 12 octobre 2021, indique le journal.
« Le ministre de la Pêche et des Ressources marines a, en vertu de l’article 33 de la loi maritime de 2000, accordé au gouvernement de la RDC le droit d’acquérir le quota de chinchards alloué pour la période 2021, du 11 octobre 2021 au 31 décembre 2021 », a-t-il déclaré.
Rappelons que la RDC a effectué le paiement, après avoir manqué la date limite du 30 septembre 2021. Le paiement du montant devait être effectué sur le compte bancaire de l’État namibien au plus tard le 30 septembre à 10 heures, avait déclaré le directeur exécutif des finances namibien par intérim, François Brand.
La lettre de facturation montre que la RDC avait effectué sa demande d’achat du quota le 9 septembre, par l’intermédiaire du ministère namibien des Relations internationales et de la Coopération.
Le ministre de l’Économie de la RDC, Jean-Marie Kalumba Yuma, qui a été en mission en Namibie fin septembre, avait remis un chèque symbolique de 86 millions de dollars namibiens au ministre de la Pêche et des Ressources marines de la Namibie, Derek Klazen, pour montrer son engagement à acquérir les poissons.
Pour sa part, la directrice exécutive de la Pêche de la Namibia, Annely Haiphene, avait précisé que le poisson sera pêché par des navires battant pavillon namibien et que le gouvernement congolais devait négocier directement avec l’industrie namibienne de la pêche.
RDC, le plus grand marché du chinchard namibien
L’industrie de la pêche a remis en question le traitement préférentiel accordé à la RDC, qui est en dehors des règles et règlements de la vente aux enchères, indique « The Namibian », précisant que les experts du secteur s’interrogent sur cette vente, car il reste deux mois et demi avant la fermeture de la saison de pêche du chinchard, le 31 décembre.
« Il s’agit d’environ 11 000 tonnes qu’ils doivent pêcher par mois, ce qui signifie environ cinq navires si chaque navire capture 2200 tonnes par mois, ce que la plupart des navires ont la capacité de faire. Ensuite, il y en a quelques-uns qui ont une capacité d’environ 3 000 à 3 500 tonnes par mois », ont déclaré les experts.
Selon l’exigence légale, rappelle-t-on, les poissons doivent être pêchés par un navire de pêche possédant une licence et ces navires doivent être exploités par au moins 90 % de Namibiens. Le ministre namibien peut également imposer d’autres conditions, qu’il peut déterminer. Selon « The Namibian », si le quota de poissons de la RDC n’est pas pêché d’ici à la fin de la saison, les experts soupçonnent le gouvernement namibien de vouloir laisser la RDC pêcher le reste l’année prochaine, ce qui est illégal.
L’attention se porte maintenant sur la manière dont la RDC va s’organiser et passer des accords avec les opérateurs de navires pour capturer le quota dans un délai aussi court, indique le journal namibien. Le pays est le plus grand marché pour le chinchard namibien et environ 90% d’exportation des chinchards lui sont destinés.
Le Potentiel /provinces26rdc.net
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