Une délégation mixte constituée de la présidence de République démocratique du Congo, de l’ambassadeur du Kenya en RDC et de la Mission de l’Organisation des Nations-Unies au Congo (MONUSCO) est arrivée à Bunia, chef-lieu de la province de l’Ituri, ce jeudi 19 mai 2022.
A en croire le professeur Serge Kabeya Tshibangu, mandataire spécial du chef de l’Etat congolais, la mission de cette délégation est de rencontrer les autres groupes armés de l’Ituri qui n’avaient pas pris part aux consultations de Nairobi et de « se rassurer » que ces groupes armés ont reçu le message du chef de l’État Félix Antoine Tshisekedi, les invitant à déposer les armes et à se préparer pour le P-DDRCS (Programme de Démobilisation, Désarmement, Réinsertion Communautaire et Stabilisation). Toutefois, il précise n’avoir pas reçu mandat de négocier avec ces groupes armés.
« Dans le cadre de la recherche de la paix, le chef de l’Etat nous a donc dépêché ici à Bunia pour rencontrer les autres groupes armés qui n’ont pas eu l’occasion d’arriver à Nairobi pour des raisons logistiques. A Nairobi, l’initiative du chef de l’État a été de tendre la main aux groupes armés locaux de la RDC, pour pouvoir les appeler à se rendre et à déposer les armes sans condition, se préparer donc à passer au programme DDRCS qui est un programme qui permettra à ces combattants de reprendre la vie civile. Nous ne sommes pas ici pour négocier parce que ce n’est pas le mandat qui nous a été donné. Nous sommes ici pour passer ce message, pour nous rassurer que les groupes armés puissent recevoir ce message du chef de l’Etat », a-t-il dit dans une interview accordée à la presse.
L’ambassadeur du Kenya en RDC, a exhorté les groupes armés à saisir la main tendue du président de la République pour faire la paix.
En Ituri, seule la milice FRPI ( Force de Résistance Patriotique de l’Ituri) avait pris part à ces consultations qui s’étaient déroulées du 23 au 27 avril dernier à Nairobi, capitale du Kenya.
Parmi les groupes armés qui n’ont pas participé aux négociations de Nairobi, il y a notamment CODECO (Coopérative pour le Développement du Congo), FPIC (Front Patriotique et Integratonniste du Congo), la milice Zaïre et d’autres.
Il sied de rappeler que 18 groupes armés locaux de la RDC étaient représentés aux consultations de Nairobi.
Ituri : un ancien seigneur de guerre aurait regagné le maquis

La nouvelle qui court sur les réseaux sociaux depuis quelques jours en Ituri, semble se confirmer. Yves Kawa Mandro, ancien seigneur de guerre dans le groupe PUSIC qui avait même été arrêté et détenu pendant 10 ans, aurait décidé de regagner la brousse au motif de « défendre sa communauté » contre les tueries devenues récurrentes des miliciens de CODECO.
C’est ce que révèlent plusieurs sources contactées sous couvert de l’anonymat.
Ce leader Hema, par ailleurs chef d’une entité coutumière dans le territoire de Djugu, était parmi les figures de proue de la milice Union des patriotes congolais UPC, chère à Thomas Lubanga, avant de créer son propre groupe PUSIC vers les années 2001 alors que l’Ituri était en pleine guerre interethnique opposant les Hema et les Lendu.
L’année dernière, déjà il avait lancé une mise en garde au gouvernement congolais pour protéger sa communauté Hema, allant jusqu’à lancer un ultimatum de 10 jours.
L’entrée en vigueur de l’état de siège il y a une année n’a pas aidé à stabiliser la situation, plusieurs observateurs, notamment le baromètre sécuritaire du Kivu KST estiment d’ailleurs que le nombre des tueries a augmenté depuis la proclamation par le président Tshisekedi, de cette mesure exceptionnelle.
Aucune source officielle ne s’est encore prononcée à ce sujet et tous nos efforts pour entrer en contact avec M. Kawa lui-même en vue de recueillir son point de vue, n’ont pas abouti.
Topinfos24 / Provinces26rdc.net
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