RDC : Le secrétaire général de l’ONU fustige les entraves à l’action de la Monusco dans l’est du pays

Une Monusco « asphyxiée » et privée de liberté de mouvement au Nord-Kivu contrôlé par l’AFC/M23 : dans un rapport rendu public jeudi 2 octobre, Antonio Guterres estime que « le statu quo n’est plus tenable » pour la mission onusienne qui s’est retrouvée contrainte de réduire son personnel et ses opérations.

Antonio Guterres tire la sonnette d’alarme. Dans un nouveau rapport publié ce jeudi 2 octobre, le secrétaire général de l’ONU dénonce les nombreuses entraves à l’action de la Monusco dans l’Est de la RDC et estime que « le statu quo n’est plus tenable » : des mesures urgentes doivent être prises, affirme-t-il.

Privée de liberté de mouvement – notamment à Goma et dans d’autres zones du Nord-Kivu contrôlées par l’AFC/M23 -, la mission onusienne, « asphyxiée », souffre aussi d’importants retards de livraisons en carburant et en rations alimentaires, à tel point qu’elle a failli épuiser ses réserves locales. Résultat : celle-ci a été contrainte de réduire son personnel et ses opérations, s’inquiète Antonio Guterres, pour qui la situation s’est aggravée notamment depuis le mois de juillet.

Les dispositifs vitaux de la Monusco mis en péril, selon Antonio Guterres

Désormais contrôlées par l’AFC/M23 dans la région, les entreprises publiques d’eau et d’électricité ont ainsi cessé de l’approvisionner, l’obligeant à avoir recours à des générateurs pour maintenir son alimentation électrique. Une initiative qui a mis en péril les dispositifs vitaux de la mission, accuse le patron de l’ONU, alors que le groupe armé se défend, lui, en affirmant que « depuis janvier, la Monusco consomme eau et électricité mais [qu’] elle paie ses factures à Kinshasa, alors que c’est l’AFC/M23 qui fait tout pour assurer leur disponibilité dans la région ».

Face à cette situation, les plaidoyers réalisés auprès de l’AFC/M23 n’ont, pour l’instant, apporté que de modestes améliorations, déplore encore Antonio Guterres. Ils n’ont notamment pas permis la réouverture de l’aéroport de Goma, dont la fermeture perturbe les évacuations médicales – elle les retarde de 72 heures en moyenne – et la relève des contingents. Alors que dans le secteur central, 81 % d’entre eux n’ont pas pu être remplacés, des troupes ont dû être acheminées via l’Ouganda, ce qui a eu un coût élevé. En dépit de cette situation, la Monusco, qui a toutefois pu rapatrier 200 soldats uruguayens, continue de négocier l’entrée de troupes de remplacement.


rfi / Provinces26rdc.com

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