RDC : Mabunda« Il est quand même compréhensible que les populations soient frustrées vis-à-vis de la présence de la Monusco »(Tueries à Beni)

Au micro de la RFI ce mardi 26 novembre, la présidente de la chambre basse du parlement pense que cette frustration qui a poussé les manifestants à mettre le feu à la base des casques bleus fait suite à la persistance de l’insécurité dans cette région malgré la présence de ces derniers.

Au moins 7 civils ont été tués lundi 25 septembre à Beni, ville meurtrie du Nord-Kivu. Face à la souffrance des victimes des atrocités des rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF), sous le regard passif de la Mission des Nations unies pour la stabilisation du Congo basée dans la partie l’Est de la RDC, Jeannine Mabunda, dit comprendre la « frustration » de la population vis-à-vis de la Monusco.

La population de la ville de Beni a manifesté ce lundi 25 novembre contre la présence des troupes onusiennes dans cette région du Nord-Kivu et exigé leur départ.

« Nous avons une force de maintien de la paix qui est là depuis plus de 20 ans en RDC. Nous avons eu de très bon progrès ensemble mais aujourd’hui par rapport à la situation de Beni et si on rajoute aussi l’épidémie d’Ebola, il est quand même compréhensible que les populations soient frustrées vis-à-vis de la présence de la Monusco, sa capacité et son incapacité d’action », pense-t-elle.

Contrairement à une certaine opinion qui soutient que les forces armées congolaises qui sont présentement engagées dans les offensives contre les ADF à Beni sont incapables d’en finir avec ces rebelles, Jeanine Mabunda pense le contraire.

« Je ne sais pas si notre armée est incapable parce qu’une armée qui pendant 19 ans a pu faire face à des problèmes des conflits beaucoup plus impactants, je ne pense pas qu’on puisse dire que l’armée congolaise est incompétente. Il faut voir d’où l’on vient et là où nous sommes aujourd’hui. En 2001, 2003, le Congo était divisé en 3 où les armées étrangères se battaient sur le sol de la RDC. C’est le résultat de ces conflits que nous gérons aujourd’hui. Ça prendra du temps parce qu’il faut aussi éviter des dommages collatéraux. C’est cette même armée qui est envoyée dans les missions de maintien de la paix en Centrafrique ou ailleurs aujourd’hui », argumente-t-elle avant d’affirmer que la question orale avec débat adressée au ministre de la défense par le député Juvenal Munobo sur des éventuelles opérations conjointes FARDC, l’armée ougandaise, rwandaise pour traquer les groupes armés qui pullulent dans l’Est de la RDC sera bientôt programmée.

« Après le budget, ces questions orales vont certainement être programmées. Elles ont été déjà annoncées dans la conférence des présidents », affirme-t-elle.

Il sied cependant de souligner qu’à l’issue d’une réunion de conseil de sécurité élargie à la Monusco, ce lundi 25 novembre, le chef de l’Etat avait décidé de l’installation d’un quartier général avancé des Forces armées congolaises à Beni et la mise en œuvre d’opérations conjointes entre l’armée et la Monusco afin d’assurer la paix et la sécurité de la population civile de Beni.

Mabunda« Je crois à la paix et on doit travailler ensemble pour que cette paix se fasse»au FCC-CACH

-La présidente de l’Assemblée nationale, Jeannine Mabunda, est revenue ce mardi 26 novembre sur les récentes tensions entre le Front commun pour le Congo (FCC), plateforme de l’ancien président Joseph Kabila et le Cap pour le changement (Cach) du président de la république, Félix Tshisekedi, affirmant qu’il n’y aura pas de rupture entre les deux camps en coalition gouvernementale.

« Ce que je constate aujourd’hui, il y’a eu cette volonté des congolais d’aller vers une solution pacifiée, une solution de compromis, une solution de consensus, ce n’est pas une solution clivante et confrontationelle. Et par rapport à ça, oui la cohabitation est un défi, on sait que ça ne sera pas facile », a-t-elle dit au cours d’un entretien accordé à Rfi.

Et d’ajouter : « Mon propos est de dire que je crois à la paix et on doit travailler ensemble pour que cette paix se fasse. »

Pendant ce temps, les attaques verbales entre les acteurs de ces deux plateformes au pouvoir se multiplient.

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