La famille du pasteur Daniel Ngoy Mulunda a officiellement saisi le ministre de la Justice afin de solliciter sa libération. Dans une correspondance du 30 juin, elle regrette que l’ex-président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) soit détenu « au secret » depuis plus de dix-huit mois, une situation qu’elle estime contraire aux principes de l’État de droit.
Selon cette lettre signée par Emmanuel Ngoy Mulunda, le frère du pasteur et son épouse Shimba Ndala Mulunda, le détenu aurait été transféré de Lusaka à Kinshasa le 18 décembre 2024 au terme d’une opération menée par des éléments de la Maison militaire. Depuis son arrivée en RDC, il serait maintenu dans les installations de la DEMIAP, sans avoir été présenté devant une juridiction compétente ni informé officiellement des faits qui lui seraient reprochés.
Les proches de l’ancien responsable de la CENI soutiennent que cette détention soulève de « sérieuses préoccupations » au regard de la Constitution, du Code de procédure pénale ainsi que des engagements internationaux souscrits par la République démocratique du Congo. Ils évoquent notamment la Convention de 1951 relative au statut des réfugiés et le principe de non-refoulement, estimant que la privation prolongée de liberté, sans notification des charges, sans accès effectif à la défense et sans contrôle judiciaire, constitue une atteinte aux droits fondamentaux.
La famille affirme également que la présence de Ngoy Mulunda sur le territoire national aurait été confirmée par une correspondance du directeur de cabinet du président de la République, référencée du 11 octobre 2025. Elle regrette toutefois qu’aucune procédure judiciaire régulièrement engagée ni aucune décision de justice motivée ne lui aient été notifiées depuis lors.
En outre, elle indique que l’intéressé serait privé de tout contact avec ses avocats, ses proches ainsi que son médecin. Dans son plaidoyer, la famille rappelle le parcours de Daniel Ngoy Mulunda, ancien président de la CENI, président de la Nouvelle Église méthodiste au Congo et initiateur du Programme œcuménique de paix, transformation des conflits et réconciliation (PAREC). Elle soutient que son engagement en faveur de la paix, de la réconciliation nationale et de la stabilité institutionnelle ne saurait justifier une remise en cause des garanties reconnues à tout justiciable.
Estimant que le respect des droits de la défense demeure un enjeu majeur pour la crédibilité de la justice congolaise, les signataires demandent au garde des Sceaux d’intervenir afin que les motifs légaux de cette privation de liberté soient officiellement notifiés, que Daniel Ngoy Mulunda soit présenté sans délai devant son juge naturel, que ses avocats, les membres de sa famille et son médecin puissent lui rendre visite, ou, à défaut d’une base légale régulièrement établie, qu’il soit remis en liberté sans condition.
La famille précise enfin que cette démarche « ne poursuit aucun objectif politique », mais vise exclusivement, selon ses termes, à obtenir le rétablissement de la légalité, le respect des droits fondamentaux et la préservation de l’image de la justice de la République démocratique du Congo.
L’ancien président de la centrale électorale nommé en 2011, avait été condamné à trois ans de prison par le tribunal de grande instance de Lubumbashi pour des infractions “d’incitation à la haine tribale, propagation des faux bruits et atteinte à la sûreté de l’État”. Après son acquittement en septembre 2022, le pasteur Daniel Ngoy Mulunda s’est rendu à Zambie, où il vivait sous statut de réfugié.
Ouragan / Provinces26rdc.com
Laisser un commentaire