UE en RDC : les défis de Douglas Darius Carpenter

Chef de division au sein du SEAA, service diplomatique de l’Union européenne ayant pour mission de mettre en œuvre la politique étrangère et de sécurité de l’UE, Douglas Darius Carpenter est le nouveau patron de la délégation européenne en République démocratique du Congo (RDC). Il succède à Nicolas Berlanga en poste depuis janvier 2024 et dont le mandat a pris fin en décembre 2025. Actuellement, la délégation européenne est dirigée par le chargé d’affaires a.i. Fabrice Basile.

Douglas Carpenter, qui entrera pleinement en fonctions après réception de l’agrément officiel des autorités congolaises, est très attendu sur la gestion du dilemme géopolitique régional, une frange significative de la population congolaise accusant l’UE d’être « complice » de l’invasion rwandaise de la RDC.

Avant son départ, Nicolas Berlanga avait rassuré le président congolais Félix Tshisekedi que « la communauté internationale est derrière la RDC » et « le Rwanda a de moins en moins d’excuses pour justifier ses actions sur le terrain ». Six mois après cette déclaration, la situation continue de se dégrader. L’ancien ambassadeur de l’UE en Centrafrique arrive au moment où l’armée rwandaise et les rebelles du M23 ont intensifié leur conquête territoriale.

Attachée au respect des frontières internationalement reconnues et au règlement pacifique des différends, l’UE (RDC) n’a pas d’autres choix que mettre une croix sur son équilibrisme diplomatique : d’une part, elle soutient la RDC face aux ingérences extérieures, ce qui a poussé le Parlement européen à demander, sans succès, la suspension d’un protocole d’accord sur les matières premières avec le Rwanda voisin tant que le soutien présumé à la rébellion persiste. D’autre part, elle cherche à éviter une escalade diplomatique avec Kigali.

Marcher sur la corde raide pour préserver ses intérêts économiques sans trancher ouvertement entre la République démocratique du Congo (victime) et le Rwanda (agresseur), ne fera que renforcer l’opinion congolaise, estimant que l’UE « est complice de l’agression rwandaise pour faire main basse sur les minerais critiques de la RDC ». Douglas Carpenter est interpellé !

Les défis de l’Union européenne en République démocratique du Congo s’articulent donc principalement autour de la crise sécuritaire dans l’es, de la sécurisation de ses approvisionnements en minerais critiques et du maintien d’un partenariat politique et diplomatique équilibré avec Kinshasa.

Le nouvel ambassadeur devrait passer des déclarations aux actes, les Congolais étant fatigués de formules protocolaires sans résultats sur le terrain : « l’UE réaffirme son engagement constant en faveur de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de la RDC. Nous soutenons activement les efforts diplomatiques et de dialogue pour mettre fin aux souffrances des populations civiles du Nord et du Sud-Kivu ».

Plus de 10 millions de morts, c’est trop ! Le moment est venu de faire taire les armes pour que les Congolais jouissent librement de leurs ressources naturelles. Le droit à la souveraineté permanente sur les ressources naturelles est reconnu comme inaliénable par les instances internationales. En RDC, ce principe d’inaliénabilité est formellement inscrit dans l’architecture juridique et institutionnelle du pays pour protéger le patrimoine national. L’État reste le propriétaire exclusif des ressources, ne concédant aux entreprises que des droits d’exploitation temporaires, généralement via des contrats ou des licences. Mis à dure épreuve par l’invasion rwandaise, ce principe doit être défendu par l’UE.


Afriqu’actu / Provinces26rdc.com

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