Les déclarations de Lambert Mende, affirmant avoir été « manipulé » par l’ancien président de la République Joseph Kabila Kabange sur la question du Rwanda, suscitent une vive réaction de Nharly Amisi KM, coordonnateur PPRD/Europe et S.E.F. PPRD/France.
Dans une déclaration, Nharly Amisi KM estime qu’une telle affirmation étonne de la part d’un homme qui, pendant près de deux décennies, a incarné la parole officielle du gouvernement. Selon lui, celui qui expliquait, défendait et justifiait les décisions du pouvoir ne peut aujourd’hui se présenter comme un simple exécutant.
« Personne n’est dupe », affirme-t-il, rappelant que Lambert Mende n’était « ni un figurant ni un technicien de la communication » , mais un acteur politique majeur au cœur du dispositif de pouvoir.
Cette réaction intervient après la récente sortie médiatique de Lambert Mende. L’ancien porte-parole du gouvernement sous Joseph Kabila a déclaré qu’il relayait à l’époque la position officielle sur le Rwanda et qu’il avait compris, après le départ de Joseph Kabila du pouvoir, avoir été « manipulé ». Il affirme notamment avoir défendu la ligne gouvernementale sur la base des informations qui lui étaient communiquées par les plus hautes autorités de l’État.
Pour Nharly Amisi KM, cette justification ne saurait toutefois effacer la responsabilité politique de celui qui défendait publiquement les positions du pouvoir. » À chaque crise, à chaque controverse, il montait au créneau pour défendre la ligne du gouvernement avec une conviction qui ne laissait place à aucun doute « , souligne-t-il.
Selon lui, en politique, on ne peut pas revendiquer les privilèges du pouvoir lorsqu’il est fort et, des années plus tard, renier les responsabilités qui l’accompagnent.
« Les responsabilités ne sont pas sélectives. Elles s’assument dans les succès comme dans les échecs », estime-t-il.
Nharly Amisi KM considère par ailleurs que le changement de discours de Lambert Mende ressemble davantage à une opération de repositionnement politique qu’à une véritable autocritique. À ses yeux, une autocritique sincère devrait commencer par la reconnaissance de sa propre part de responsabilité, plutôt que de faire porter tout le poids des décisions à celui que l’on servait hier.
Il rappelle aussi que les archives, les conférences de presse, les déclarations officielles et les prises de position publiques de Lambert Mende restent disponibles et témoignent, selon lui, de son engagement dans la défense de la politique gouvernementale de l’époque.
« Changer d’opinion est un droit. Réécrire son propre passé pour tenter d’échapper au jugement de l’histoire en est un autre « , poursuit Nharly Amisi KM, qui estime que les Congolais sont capables de distinguer ceux qui assument leurs responsabilités de ceux qui cherchent, après coup, à s’en exonérer. ÉconomieRDC
Pour le coordonnateur PPRD/Europe, Lambert Mende devrait plutôt s’interroger sur l’héritage politique qu’il laissera aux générations futures : celui d’un homme d’État capable d’assumer son parcours avec courage ou celui d’un responsable politique dont les convictions évoluent au gré des rapports de force.
« À force de multiplier les revirements, il risque de donner l’image d’un homme davantage préoccupé par son repositionnement que par la cohérence de ses convictions », estime-t-il.
Nharly Amisi KM conclut en appelant à davantage de responsabilité de la part des acteurs politiques.
« La République mérite mieux. Elle a besoin de responsables politiques qui assument leurs choix, leurs paroles et leurs actes. Car la vérité historique ne se négocie pas, et la responsabilité politique ne se prescrit jamais. »
Opinion Info / Provinces26rdc.com
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