Les activités sont fortement perturbées dans plusieurs établissements de santé publics de la RDC, notamment à Kinshasa et dans la province du Kwilu. Depuis ce mardi 7 juillet, les médecins ont entamé une phase de radicalisation de leur mouvement de grève à travers un arrêt total de travail, à l’appel du Syndicat national des médecins (SYNAMED), afin de contraindre le gouvernement à honorer les engagements pris dans le cadre du cahier des charges signé avec leur corporation il y a trois ans.
Selon le SYNAMED, toutes les provinces sont concernées par l’opération « Hôpitaux sans médecins », à l’exception du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri, en raison du contexte sécuritaire et sanitaire qui y prévaut.
En effet, ces provinces, en proie à l’activisme de groupes armés tels que l’AFC/M23 et les ADF, sont également confrontées à l’épidémie d’Ebola.
Cette opération d’arrêt complet de travail est prévue du 7 au 16 juillet 2026. Durant cette période, seuls les services d’urgence et les banques de sang continueront à fonctionner, précise le syndicat.
Ce mouvement s’inscrit dans la continuité d’une grève lancée le 24 juin 2026 sur l’ensemble du territoire national. Dans un premier temps, les médecins avaient maintenu un service minimum destiné à assurer la prise en charge des urgences. Toutefois, après une semaine d’évaluation menée à la fois au niveau des structures de base, des bureaux provinciaux et de la coordination nationale du syndicat, la décision a été prise de durcir le mouvement.
Les hôpitaux du Kwilu sans médecins
Ce mot d’ordre est suivi dans plusieurs hôpitaux du pays, notamment au Kwilu, a affirmé le docteur Lionel Ngimba, secrétaire exécutif provincial du SYNAMED :
« Le mouvement de grève a été déclenché depuis le 24 juin 2026 sur toute l’étendue du territoire national. Nous étions dans un système de prise en charge limitée aux urgences. Après une évaluation réalisée au niveau de la base, des bureaux provinciaux ainsi que du bureau national, il a été décidé de modifier le format de la grève ».
Ce responsable syndical indique qu’à partir de ce mardi matin, les médecins du Kwilu sont entrés dans une phase de radicalisation du mouvement, marquée par un arrêt plus strict des activités dans les structures concernées.
« Depuis ce matin, le mouvement de grève a été durci sous forme de radicalisation, c’est-à-dire avec un arrêt des activités sans maintien de service. Le Kwilu, à l’instar des autres provinces, a emboîté le pas à la décision prise par le bureau national », a-t-il précisé.
Les médecins grévistes réclament notamment l’amélioration de leurs conditions de travail, le respect des engagements pris par le gouvernement ainsi que l’application effective des accords conclus avec les autorités. Ils estiment que plusieurs promesses contenues dans le cahier des charges signé avec l’État restent, à ce jour, sans réponse concrète.
Cette cessation de travail suscite de vives inquiétudes au sein de la population, particulièrement chez les malades qui dépendent des structures sanitaires publiques pour leurs soins. Plusieurs habitants redoutent que la paralysie des services de santé n’entraîne une détérioration de la prise en charge médicale, notamment pour les patients les plus vulnérables.
Des observateurs expriment également leur préoccupation alors que la province du Kwilu est confrontée à des cas de choléra signalés dans la ville de Bandundu. Ils craignent que la réduction des capacités de prise en charge dans les hôpitaux publics ne complique davantage la réponse sanitaire face à cette menace.
En attendant une éventuelle reprise des négociations entre le gouvernement et les représentants des médecins, l’incertitude demeure quant à la durée de ce mouvement, qui affecte déjà le fonctionnement de plusieurs structures sanitaires du Kwilu et d’autres provinces du pays.
Radio Okapi / Provinces26rdc.com
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