Un tribunal soudanais, situé dans une zone contrôlée par l’armée, a condamné à mort par contumace le chef des Forces de soutien rapide (FSR) et d’autres responsables de cette force paramilitaire pour crimes de guerre dans l’ouest du pays, selon un média d’État.
Il s’agit du premier jugement visant des dirigeants des FSR depuis le début de la guerre entre ce groupe paramilitaire et l’armée soudanaise en avril 2023.
Figurent parmi les 16 personnes condamnées le chef des FSR, Mohamed Hamdan Daglo, dit Hemedti, son frère et numéro 2 du groupe, Abdelrahim Hamdan Daglo, ainsi que plusieurs officiers des FSR et des chefs tribaux de l’État du Darfour-Ouest. Le tribunal de Port-Soudan, situé dans l’est du Soudan, les a reconnus coupables de crimes de guerre, de crimes contre l’humanité, de génocide et d’attaques contre des civils et des infrastructures publiques, a rapporté l’agence de presse officielle soudanaise Suna.
Le meurtre de Khamis Abakar
Le dossier s’est concentré sur le meurtre, en juin 2023, du gouverneur du Darfour-Ouest, Khamis Abakar, peu de temps après la conquête par les FSR de la ville d’El-Geneina, capitale de cet État. Khamis Abakar a été tué quelques heures après avoir accusé les FSR et ses alliés de mener des attaques contre des civils.
La Cour pénale internationale accuse les FSR d’avoir tué jusqu’à 15 000 personnes, pour la plupart issues de l’ethnie non arabe Massalit, à El-Geneina. Les paramilitaires ont à plusieurs reprises nié avoir commis un génocide ou d’autres crimes de guerre au Soudan.
Le tribunal de Port-Soudan a déclaré renvoyer l’affaire devant la Cour suprême pour un nouvel examen et demander l’arrestation et l’extradition des personnes condamnées, notamment par l’intermédiaire d’Interpol.
Le général Abdel Fattah al-Burhane, chef de l’armée, et Hemedti, anciens alliés, ont mené ensemble le coup d’État de 2021 qui a fait dérailler le transfert du pouvoir à des institutions civiles au Soudan, avant de se disputer et d’entrer en guerre. Le conflit a fait des dizaines de milliers de morts et des millions de déplacés, selon l’ONU qui parle de la pire crise humanitaire au monde.
rfi / Provinces26rdc.com
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