RDC-Ouganda : la collaboration des armées est une demande des parlementaires de l’Ituri et du Nord-Kivu

La mutualisation des Forces armées de la RDC et de l’armée ougandaise, UDPF est une demande des députés et sénateurs des deux provinces sous état de siège. Le président du Sénat, Modeste Bahati, l’a précisé, jeudi 2 décembre, lors de la plénière de la Chambre haute.

« Ce sont les députés et sénateurs de l’Ituri et du Nord-Kivu qui ont adressé un mémorandum au Président de la République pour lui demander de mutualiser les forces avec l’Ouganda », a-t-il indiqué.

Les actions « ciblées et concertées » des Forces armées de la RDC avec l’armée ougandaise ont démarré mardi 30 novembre avec des frappes aériennes et des tirs d’artillerie à partir de l’Ouganda sur les positions des terroristes ADF en RDC.

Cette information a été confirmée par l’Ouganda. Le porte-parole des UPDF, Flavia Biekwaso, affirme que des frappes aériennes et d’artillerie ont été lancées en partenariat avec la République démocratique du Congo, contre les camps du groupe rebelle des ADF.

de son côté, l’Assemblée nationale ajoute que les Forces armées de la RDC bénéficient de la collaboration de l’armée ougandaise, suivant le rapport et la recommandation de la Commission Défense et sécuritaire.

Au cours de la plénière de jeudi 2 décembre, le président de la Chambre basse, Christophe Mboso s’est félicité de ces opérations débutées depuis le 30 novembre, pour combattre les ADF, force négative d’origine ougandaise qui déstabilisent les deux pays.

Pour le député national Gratien Iracan, membre du comité de pilotage de ses opérations, toutes les actions menées par l’armée ougandaise sont commandées par les autorités congolaises avec le contrôle de l’Assemblée nationale ainsi que de la communauté internationale.

Par ailleurs, le Sénat a voté en seconde lecture pour la 13e le projet de loi portant autorisation de la prorogation de l’état de siège sur une partie du territoire national de la RDC.

« Il se pourrait que le gouvernement revienne avec la loi d’habilitation pour nous permettre d’aller en vacances. Vous savez que la loi se rapporte à une session. Cette loi d’habilitation permettrait au gouvernement, tous les 15 jours, de faire signer une ordonnance-loi par le Président de la République », a expliqué Modeste Bahati.

Bastions au Mont Hoyo et à Tchabi

Selon des sources de la société civile d’Irumu, les rebelles ougandais des ADF ont installé leurs bastions notamment dans le site touristique de Mont-Hoyo et à Tchabi, dans la limite avec la province voisine du Nord-Kivu.

C’est depuis environ deux ans que les rebelles ADF ont migré en Ituri après l’offensive lancée par les FARDC au Nord Kivu. Des attaques sporadiques de ce groupe armé ont commencé à se multiplier en chefferie de Babila Babombi vers Biakato et Makumo en territoire de Mambasa et Ndalya en territoire d’Irumu. Actuellement, ils sont installés dans la foret proche des villages de Mau, Makele, Makumo, Mikwapa et Mangene, affirme la nouvelle société civile de Mambasa.

En territoire d’Irumu, ce groupe armé a installé sa base au site touristique de Mont Hoyo où ils planifient des attaques contre des civils et des positions des Fardc sur l’axe Komanda-Luna.

Selon la société civile locale, d’autres rebelles de ce groupe armé sont signalés à la périphérie des localités de Boga et de Tchabi à la limite de Kainama dans le Nord Kivu et vers Burasi, près de la rivière Semuliki à la frontière avec l’Ouganda.

L’activisme de ce groupe armé a entrainé le déplacement des habitants dans plus de 100 villages et la perturbation du trafic sur la route nationale numéro 4. Des dizaines de personnes sont déjà tuées, plusieurs autres kidnappées et plus de 30 véhicules incendiés par ce groupé.

D’après les services de sécurité, certains éléments des ADF tenteraient de s’infiltrer dans la ville de Bunia.

L’armée a appréhendé un réseau de collaborateurs de ces rebelles il y a deux semaines au quartier Yambi Yaya. L’instruction de leur dossier est en cours.

Depuis l’état de siège, ces rebelles ont intensifié les attaques malgré une forte présence de l’armée.

« Notre pays fait face à un groupe terroriste dont la traque en appelle à une coalition internationale », Mboso Nkodia

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Joseph Kabila en son temps alors président de la RDC, dénonçait déjà le terrorisme sur le territoire congolais. Mais personne n’y croyait ! A ce jour, la vérité négligée hier refait surface.

Les élus se sont retrouvés, jeudi 2 décembre 2021, dans la chambre basse du parlement avec comme ordre du jour, l’examen et l’adoption du rapport de la commission socio culturelle, sur le régime spécial de sécurité sociale. A cette occasion, le président de ladite chambre a éclairé la lanterne des députés nationaux sur la question d’actualité relative à la présence de troupes ougandaises sur le sol congolais et ce, depuis le 30 novembre dernier.

Parmi les points du jour, celui ci a ouvert une brèche de questionnements dans le chef de l’opinion publique dite avertie.

« Notre pays fait face à un groupe terroriste dont la traque en appelle à une coalition internationale », souligne-t-il.

A travers les réseaux sociaux et différents cercles de réflexion à Kinshasa, plusieurs voix indiquent que : ”La collaboration entre Etats a toujours existé, et l’intervention de l’armée zaïroise au Tchad ainsi que les forces royales marocaines au Zaïre lors de la guerre de moba au Shaba [Katanga] sont une parfaite illustration de la coopération entre Etats. Et il ne faut pas oublier que la RDC est sous embargo donc ne peut se procurer des armes de grande calibre. Sur ce, au nom de la sécurité nationale, le président a bien agi », indique Fridolin Kanku, homme d’affaires et sympathisant de l’Union pour la démocratie et le progrès social (Udps).

De leurs côtés, quelques ressortissants du grand Kivu rappellent que ”la plaie causée par les rwando-burundo- ougandais est jusqu’ici béante ! La mémoire collective du peuple congolais et en particulier de la partie Nord-Est du pays, n’est pas encore prête à renouer avec ces États ennemis tant que réparation n’est pas faite ».

L’opinion se rappellera que dans son discours traditionnel de chaque fin d’année, Joseph Kabila en appelait « une fois de plus, à la vigilance tous azimuts des congolaises et congolais ». Cette interpellation à la vigilance faisait suite à une offensive terroriste menée par des assaillants se réclamant d’un opposant à Joseph Kabila ; cette attaque avait fait 103 morts à Lubumbashi le 30 décembre 2013, d’après le porte-parole du gouvernement.


Radio Okapi / Provinces26rdc.net

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